Chute des ventes de biscuits bio : analyse des causes et stratégies de relance

Le marché des biscuits bio, autrefois en pleine expansion, traverse une période difficile. En 2025, les ventes ont chuté de 14,9 % en valeur et de 19 % en volume, selon les données de Circana 1. Plusieurs facteurs expliquent ce recul : l’inflation, la rationalisation des assortiments en grande distribution, et le retrait de certaines grandes marques du segment bio. Pourtant, des signaux positifs émergent, avec des acteurs historiques comme Bjorg ou Gerblé qui misent sur l’innovation et des stratégies tarifaires adaptées pour reconquérir les consommateurs. Dans cet article, nous décryptons les raisons de cette baisse, les réponses des industriels, et les perspectives pour ce marché en mutation.

1. Un marché bio en recul après des années de croissance

Le choc de l’inflation et la hausse des prix

L’un des principaux freins à la consommation de biscuits bio est la flambée des prix. L’inflation a entraîné une hausse des coûts des matières premières (farine, sucre, beurre bio), répercutée sur les prix en magasin. Résultat, les consommateurs, soucieux de leur pouvoir d’achat, ont réduit leurs achats de produits bio perçus comme premium.

Rationalisation des rayons et désengagement des marques

Les enseignes de grande distribution ont rationalisé leurs assortiments, réduisant la place accordée au bio au profit de produits plus accessibles. Par ailleurs, certaines grandes marques ont quitté le segment, fragilisant la visibilité des biscuits bio.

Une concurrence accrue avec le conventionnel

Le marché global des biscuits sucrés résiste mieux (–2,1 % en volume contre –19 % pour le bio), car les marques traditionnelles ont su adapter leurs recettes (moins de sucre, ingrédients naturels) pour répondre aux attentes santé, sans le surcoût du bio.

2. Les leviers pour relancer la demande

L’innovation produit comme moteur

Pour séduire à nouveau, les marques misent sur des recettes innovantes :

  • Réduction du sucre (ex. : Bjorg Nutri+ à –46 % de sucre).
  • Enrichissement en fibres (graines de chia, avoine).
  • Formats pratiques (biscuits petit-déjeuner, portions individuelles).

Des prix plus attractifs

Certaines marques, comme Jardin Bio étic, ont lancé des gammes comme Bio Malin, avec des biscuits à 1,95 €, soit 0,47 € de moins que la moyenne du marché. Une stratégie pour toucher les consommateurs les plus sensibles au prix.

Communication et digital au cœur de la reconquête

  • Bjorg amplifie ses campagnes DOOH (affichage digital) et ses promotions lors d’opérations comme Le Printemps Bio.
  • Gerblé mise sur le digital pour valoriser ses innovations, comme son Biscuit Petit Déj’ Fruits rouges.

3. Perspectives : un marché en convalescence ?

Des signaux encourageants

Malgré la baisse globale, certains acteurs tirent leur épingle du jeu :

  • Gerblé affiche une croissance de 16,3 % en valeur en 2024.
  • Le bio hors hard-discount se stabilise (–0,4 % en valeur).

Le bio, un segment résilient à long terme

Les tendances de fond restent favorables :

  • Demande croissante pour une alimentation saine (apps comme Yuka, sensibilisation santé).
  • Engagement écologique des consommateurs, malgré les contraintes budgétaires.

La chute des ventes de biscuits bio reflète un ajustement du marché après des années de croissance fulgurante. Si l’inflation et les changements de comportement des distributeurs ont pesé, les industriels réagissent avec agilité. Innovationstratégies tarifaires ciblées et communication renforcée sont les piliers de cette reconquête.

À moyen terme, le segment bio devrait retrouver des couleurs, porté par une demande durable pour des produits transparentssains et responsables. Les marques qui sauront concilier qualitéaccessibilité et engagement RSE (comme Bjorg ou Léa Nature) seront les gagnantes de cette nouvelle phase.

Enfin, l’essor des applications de scan nutritionnel et des attentes en traçabilité (blockchain, ingrédients locaux) pourrait redynamiser le marché, à condition que les prix suivent. Le biscuit bio de demain devra allier plaisirsanté et équité économique pour reconquérir les paniers des Français.

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